Claire Carabas, l’interview anniversaire

Au mois de septembre, Ce que murmure la mer fête son anniversaire ! A cette occasion, nous avons rencontré Claire Carabas, l’auteure de cette revisite prenante de La petite sirène pour discuter de son rapport à l’écriture, aux contes et de son roman. Bonne lecture !

Quand et comment l’écriture est apparue dans votre vie ?

L’écriture chez moi est en lien avec l’enfance.
Je me rappelle que, petite fille, je passais beaucoup de temps à écouter des histoires, à en inventer, et dès que j’ai su écrire, je fabriquais de petits livres, en cousant des feuilles entre-elles.
Quand je suis devenue mère, j’ai eu envie de raconter des histoires à mes enfants. Je les emmenais à la bibliothèques et dans les librairies. J’étais heureuse de partager avec eux des histoires que j’avais aimées à leur âge. Et puis j’inventais d’autres histoires, pour qu’ils mangent leur soupe, pour les endormir, ou juste pour le plaisir.
J’aime raconter, inventer, suivre le fil de la bobine qui commence par « Il était une fois… ».

Quelles sont vos inspirations pour Ce que murmure la mer ?

Les contes d’Andersen recèlent des trésors de poésie et de magie. Je tiens La petite sirène pour pure merveille. Petite, j’étais transportée par les descriptions du monde des sirènes et révoltée par l’injustice du sort de la petite sirène sur terre. Quand j’ai commencé la rédaction de Ce que murmure la mer, j’ai voulu que cohabitent le monde merveilleux et notre monde contemporain.
La sirène mythique a également une face sombre. C’est elle qui perd les marins. J’ai cherché des figures plus ambivalentes que celle de la sirène d’Andersen. Le tableau de John Willian Waterhouse, intitulé, The siren qui montre une sirène au visage tranquille se pencher sur un noyé aux yeux qui l’implorent m’a beaucoup inspirée.

En combien de temps avez-vous écrit votre roman ? Y a-t-il eu plusieurs versions ?

Neuf mois, en tout. Tout a été très vite. J’ai vu l’appel à textes de Magic Mirror Editions qui s’appelait Ecailles et écumes. J’avais très envie de raconter cette histoire.
Je voulais que deux voix donnent leur version de cette histoire, se parlent et se répondent sans toujours se comprendre, car il est aussi question de la difficulté à communiquer dans l’histoire de la petite sirène.
La rédaction a été rapide, puis je l’ai confiée à mes béta-lecteurs (je les remercie encore ici pour leur aide) avant de l’envoyer à Magic Mirror Editions.

Quel est le personnage de votre roman auquel vous êtes le plus attachée ?

Quand j’écris, j’essaie de me glisser dans mes personnages, de les comprendre, de l’intérieur. Au moment de l’écriture, c’est dans la peau de la petite sirène que je me sentais le mieux.
Son courage, sa volonté, les sacrifices qu’elle consent pour sa métamorphose, attirent mon amitié.

Celui qui vous a donné le plus de fil à retordre dans l’écriture ?

La petite sirène.
Que pense-t-on quand on arrive dans le dénuement dans un endroit inconnu, qu’on ne peut pas parler? Je ne le savais pas. Il est difficile de se figurer l’exil quand on ne l’a pas connu.

Si vous pouviez discuter 1h avec un de vos personnages, ce serait lequel et que lui diriez-vous ?

La sorcière des mers. Elle est une femme puissante et détient la clef de bien des secrets de l’histoire. Je lui demanderais de me raconter les contes noirs des profondeurs.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous prêter à l’exercice des réécritures de contes ?

Ce sont des histoires que j’aime et que j’ai plaisir à raconter à ma façon.

Que pensez-vous de la production autour des réécritures de contes en général ? (cinéma etc)

Ces adaptations montrent que les thèmes abordés et la structure prise par les contes restent modernes.
L’adaptation de Blanche-Neige par Walt-Disney a donné un nouveau visage à la sorcière. J’ai découvert Alice au pays des merveilles à travers ses adaptations. J’adore quand Shrek nous mélange les plus grands contes au shaker.
Les contes sont d’une telle richesse qu’ils peuvent sans cesse se recréer.

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